Les tensions entre l’Afghanistan et le Pakistan ont franchi un nouveau cap avec des explosions et des tirs entendus à Kaboul à l’aube du 1er mars. Les autorités talibanes affirment avoir visé des positions liées à l’aviation pakistanaise, dans un contexte d’escalade militaire amorcée le 26 février. Ce jour-là, des affrontements à la frontière ont dégénéré, chaque camp accusant l’autre d’avoir déclenché les hostilités. Des combats ont été signalés dans les provinces frontalières, poussant des habitants à fuir leurs localités.
Islamabad parle désormais de « guerre ouverte » et reproche à Kaboul d’abriter des groupes armés responsables d’attaques sur son sol, ce que les talibans démentent catégoriquement. Le gouvernement pakistanais assure avoir mené plusieurs frappes en territoire afghan, tandis que Kaboul revendique également des opérations, possiblement par drones, de l’autre côté de la frontière. Les bilans humains divergent fortement selon les sources officielles des deux pays.
Sur le plan diplomatique, les tentatives de médiation, notamment venues du Golfe, n’ont pas permis d’enrayer la spirale de violence. L’Union européenne appelle à une désescalade rapide, alors que les États-Unis affichent leur soutien au droit du Pakistan à se défendre. Cette flambée marque l’un des épisodes les plus graves depuis le retour des talibans au pouvoir en août 2021, dans une relation bilatérale devenue particulièrement instable.
