Un drame s’est produit ce mercredi 3 septembre à Ifangni, dans le village de Banigbé-Sèdo. Un véhicule administratif de la Douane béninoise a été incendié et son chauffeur violemment agressé par des contrebandiers, avant de succomber à ses blessures à l’hôpital.
Selon les premières informations, tout serait parti d’une opération menée par les agents des Douanes, alertés de l’arrivée d’une barque chargée de produits de contrebande en provenance du Nigeria. L’embarcadère de Banigbé-Sèdo étant déjà fermé dans le cadre de la lutte contre les pistes et débarcadères illégaux, les agents se sont rendus sur place pour intercepter la cargaison.
Alors qu’ils procédaient au déchargement de la marchandise saisie, un groupe de contrebandiers, rejoints par des assaillants, a violemment réagi. Dans la confusion, le chauffeur du véhicule des Douanes a été lynché. Les assaillants ont ensuite aspergé le véhicule d’essence avant d’y mettre le feu. L’incendie a également atteint un badaud, qui a subi des brûlures. La victime principale, un agent proche de la retraite prévue pour le 1er octobre prochain, a malheureusement succombé après son transfert à l’hôpital.
La riposte des forces de l’ordre
Informés de la situation, les policiers du commissariat de Banigbé sont rapidement intervenus, appuyés par un renfort de la direction départementale de la Police du Plateau. L’ordre a été rétabli après quelques heures de tension. Le maire d’Ifangni, Franck Okpéicha, a fermement condamné cette attaque, la qualifiant d’« extrême et intolérable ». Le chef d’arrondissement de Banigbé, Antoine Adandé, a également dénoncé l’agression.
Cinq suspects ont été interpellés, tandis que plusieurs complices ont pris la fuite. Des motos ont également été saisies et mises en dépôt au commissariat. La police a assuré que les recherches se poursuivent afin d’arrêter tous les responsables et de les traduire devant la justice.
Une résistance persistante à la fermeture des couloirs clandestins
Pour rappel, le gouvernement a mis en place une Commission chargée de la régularisation et de la fermeture des pistes et débarcadères non autorisés, afin de limiter les pertes financières liées à la contrebande, évaluées à plusieurs milliards de francs CFA. Si cette mesure vise à renforcer l’économie nationale, elle se heurte toutefois à une vive opposition de certains contrebandiers de Banigbé-Sèdo, décidés à maintenir leurs activités illicites malgré les campagnes de sensibilisation conduites par les autorités locales et les forces de sécurité.
