Le Bénin s’apprête à franchir une nouvelle étape dans son histoire pétrolière. Après plusieurs décennies de recherches et d’exploration offshore, le pays prépare sa première cargaison de pétrole brut destinée au marché international. L’opération, annoncée à partir du mois d’octobre, devrait porter sur environ 250 000 barils produits à partir du champ pétrolier de Sèmè, dans le sud-est du pays.
Cette nouvelle phase est liée au redéveloppement du bloc 1, opéré par Akrake Petroleum Benin, filiale du groupe singapourien Rex International Holding. Le projet marque le passage de l’exploration à la production et à l’exportation du brut.
L’histoire pétrolière de Sèmè remonte à 1968. À l’époque, la compagnie américaine Union Oil Company of California avait identifié une structure pétrolière offshore au large de la zone de Sèmè. Plusieurs campagnes d’études et d’exploration vont ensuite se succéder pour mieux évaluer le potentiel de cette zone.
Le projet prend une nouvelle dimension avec le redéveloppement du bloc 1. En août 2025, Akrake Petroleum Benin engage les travaux nécessaires à la relance de l’activité sur le site. Les opérations de forage vont ensuite permettre de confirmer le potentiel du réservoir.
Au début de l’année 2026, l’opérateur annonce notamment le succès du forage d’un puits avec une section horizontale de 1 405 mètres, dont environ 950 mètres traversent une formation pétrolifère sans présence d’eau. Des résultats qui ouvrent la voie à la production commerciale.
Les premières estimations de l’opérateur évoquent un potentiel pouvant atteindre 15 000 barils par jour. Mais le démarrage devrait se faire à un niveau plus modeste, autour de 3 000 barils par jour, avec une possible progression vers 5 000 à 6 000 barils quotidiens, en fonction des performances du champ.
La première cargaison de 250 000 barils constitue donc une première étape. Elle doit permettre au Bénin de concrétiser son entrée sur le marché international du pétrole brut.
Pour le pays, l’enjeu ne se limite cependant pas à cette première exportation. Les volumes réellement produits, la régularité de l’exploitation, les investissements nécessaires et les recettes générées permettront, dans la durée, de mesurer l’impact économique de cette nouvelle activité.
Avec le champ de Sèmè, le Bénin ne découvre donc pas le pétrole. Il concrétise une recherche engagée depuis plusieurs décennies. La première cargaison attendue en octobre symbolise surtout le passage d’une longue période d’exploration à une nouvelle phase : celle de la production et de l’exportation du brut béninois.
