Dans un avis technique consacré à la monnaie commune ECO, l’ambassadeur Moïse T. Kérékou, auteur d’un ouvrage sur l’intégration africaine, revient sur le sommet de la CEDEAO tenu le 19 juillet 2026 à Freetown, au cours duquel les chefs d’État ont réaffirmé leur ambition de lancer l’ECO en 2027. Il relève également deux faits marquants de cette rencontre : l’accession du président sénégalais à la présidence en exercice de la Conférence des chefs d’État de la CEDEAO et la première participation du président béninois, Romuald Wadagni, à cette instance.
Pour le diplomate béninois, une monnaie commune ne constitue pas un point de départ, mais l’aboutissement d’un processus d’intégration économique. Il souligne qu’une devise commune accompagne une économie déjà dynamique, sans pour autant la créer. Selon lui, ce sont les échanges commerciaux, les investissements et l’intensification des relations économiques entre les États qui justifient l’adoption d’une monnaie unique, et non l’inverse.
S’appuyant sur l’exemple de l’Union européenne et sur le Traité d’Abuja de 1991, Moïse T. Kérékou rappelle que l’intégration africaine doit suivre une progression bien définie : libre circulation des personnes et des biens, zone de libre-échange, union douanière, marché commun, puis union économique et monétaire.
Il estime notamment que la réussite de l’ECO dépendra avant tout de la capacité des États à rendre effective la libre circulation, qu’il considère comme la condition indispensable pour faire de la monnaie commune un véritable levier de développement et d’intégration régionale.
