En juillet 2025, la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) a maintenu ses taux directeurs inchangés, dans un contexte marqué par un reflux de l’inflation et un ralentissement des échanges interbancaires. Si la conjoncture reste contrastée au sein de l’Union, le Bénin tire son épingle du jeu grâce à des résultats encourageants.
Des taux stables dans un climat de prudence
À l’instar des grandes banques centrales mondiales (BCE, Fed, Banque d’Angleterre, Banque du Japon), l’institution régionale a opté pour la stabilité. Depuis le 16 juin 2025, le taux minimum de soumission aux appels d’offres d’injection de liquidité demeure à 3,25 %, tandis que celui du guichet de prêt marginal reste fixé à 5,25 %.
Le marché monétaire montre toutefois quelques signes de ralentissement. Le volume moyen des financements octroyés par la BCEAO est passé de 8 091,4 milliards FCFA en juin à 8 017,4 milliards en juillet, soit un repli de 0,9 %. Parallèlement, le taux moyen pondéré des adjudications hebdomadaires a reculé à 4,65 % contre 5,16 % le mois précédent. Sur le compartiment interbancaire de l’Uemoa, le volume hebdomadaire moyen des transactions a baissé de 11,8 % à 774,1 milliards, tandis que le taux de référence à une semaine est passé de 4,94 % à 4,80 %.
Banques : signaux contrastés
Le coût du crédit dans l’Union a légèrement diminué, avec des taux débiteurs moyens à 6,68 % en juillet, en baisse de deux points de base. En revanche, les taux d’intérêt sur dépôts à terme ont progressé à 5,40 %. La qualité des portefeuilles de crédits reste un sujet de vigilance : le taux brut des créances en souffrance atteint 8,8 % dans l’Uemoa, avec un taux de couverture de 61,8 %.
Le Bénin se distingue positivement, avec un taux de dégradation brute limité à 3,7 %, nettement inférieur à la moyenne régionale. Son taux de couverture (51,9 %) demeure en revanche plus faible, mais la solidité relative du système bancaire national est confirmée.
Inflation en territoire négatif
L’évolution des prix constitue un fait marquant. En rythme annuel, l’inflation est ressortie à -0,9 % en juillet, après -0,2 % en juin. Ce recul est principalement lié à la baisse des prix alimentaires (-1,7 point) et à la rubrique « Restaurants et hôtels » (-0,3 point). C’est la deuxième fois depuis le début de l’année que l’inflation dans l’Uemoa devient négative. L’inflation sous-jacente, hors produits frais et énergie, a également légèrement fléchi, passant de 0,7 % en juin à 0,6 %.
Activité économique : des dynamiques sectorielles contrastées
L’indice de la production industrielle a progressé de 11,9 % en juillet, après 13,6 % en juin, traduisant un léger ralentissement. Le commerce a connu une évolution modeste (3,4 % après 4,9 %), tandis que les services marchands ont accéléré à 10,9 % contre 10,4 % un mois plus tôt. Dans la finance, la croissance est restée stable à 15,2 % en glissement annuel.
L’indicateur du climat des affaires régional a reculé à 101,2 points (contre 101,3 en juin). À contre-courant, le Bénin enregistre une amélioration, passant de 100,2 à 100,5 points. Cette progression traduit une confiance accrue des opérateurs économiques, soutenue par les réformes structurelles, la digitalisation et les investissements publics.
Le Bénin sur une trajectoire de résilience
Malgré les incertitudes internationales et une politique monétaire prudente, le Bénin confirme sa capacité de résilience. Son climat des affaires en amélioration, la bonne dynamique des services et la maîtrise des créances douteuses renforcent ses acquis. Toutefois, la persistance des pressions sur le commerce, la baisse de l’inflation et certaines fragilités sectorielles rappellent la nécessité de maintenir la vigilance.
